08 mai 2008
je t'aime trop
ne pas allumer l'ordinateur, mon ordinateur amour,
n'avoir aucun prétexte pour aller sur l'écran
facile à dire, mais il suffit d'avoir besoin d'un petit renseignement que Google donnera à profusion, et là, c'est fini, je ne quitte plus l'écran
je navigue sur des blogs, sur des sites, tous thèmes confondus, je lis ceux qui sont mes préférés, j'en découvre d'autres, j'ai l'impression de voyager dans un pays sans frontières
je découvre tant de pensées diverses, tant d'images, j'y apprends parfois des choses qui m'étaient inconnues et ce malgré mon âge avancé, j'y rencontre des femmes qui ont eu le même genre d'envie sexuelle que moi, des femmes qui continuent, des femmes qui ont arrêté, leurs mots sont tellement pareils à ceux que j'aurais pu dire, j'ai l'impression de les connaître mais en fait je n'y connais personne
la solitude est pire sur un écran une fois que ce dernier s'est éteint
et pourtant ce besoin d'y retourner est puissant, il ressemble un peu au plaisir de la cigarette, ou à celui de l'alcool, pour l'une ou pour l'autre on peut essayer d'arrêter en ayant plus ni paquets de cigarettes ni bouteilles d'alcool dans la maison
pour l'accès à internet il faut donc arrêter d'avoir un serveur qui vous relie au net
et c'est donc ce que je vais faire
le processus est en route, bientôt, même si mes neurones hurlent leur envie d'aller sur internet, je ne pourrai plus, je n'y aurai plus accès
je vais souffrir, mais c'est le seul moyen de stopper cette addiction
je ne supprime toutefois pas mon blog
il a été une thérapie qui m'a aidé à comprendre mon enfance, à comprendre pourquoi j'avais eu tant de problèmes avec ma mère, il m'a aidé à comprendre ma mère, j'ai réalisé qu'il aurait suffit que je sache l'aimer au moment où elle en avait besoin plus que moi, il m'a fait comprendre que j'étais seule responsable de mes erreurs de vie
à présent tout est dit, tout est découvert, tout est clair de ce passé mal rangé dans mon esprit et que j'ai mis dans l'ordre grâce à ce blog
derniers mots, dernières frappes de mots, envie de rester, partir, il faut partir
je pars
je t'aime trop
la vache qui rit
pour changer des cafards et du don de mon moi profond à un inconnu, je vais essayer de trouver un truc moins crade, par exemple l'actualité, changement de Président en Russie, Vladimir le nouveau, j'aimais bien la tronche de renard de l'ancien, ensuite, en Birmanie comme une colère de Dieu sur cette région du monde, ensuite 0,8% d'augmentation des retraites, m'en fout complètement, j'ai besoin de millions ou de rien, j'ai besoin de rire aussi d'au moins 99 % d'augmentation de rire, donc rire dans une jaguar décapotable c'est sympa, mais pour l'instant je me barbe au volant de ma vieille caisse, et bon voilà j'en reviens à ma fièvre à moi, mon nombril, ce que je fus, ce que je fis et ne fus pas, et dire que nous sommes des milliards à nous croire seuls au monde !
c'est une grôsse blague, parce que la vache qui rit, la vraie, c'est bon bon bon !! meuh !
la vaca !
j'ai pas voulu, non pas que j'aimais pas, mais j'avais accumulé trop de problèmes, j'ai pas pu surtout aller jusqu'au bout avec un homme, et je sais que je ne suis pas une homo, si je sais
j'ai jamais pu faire confiance à personne,
et pourtant cette nuit là de 2006 sur le net, j'ai dis oui à une rencontre inconnue dans un hôtel
et pourtant cette nuit là je me suis laissée menée en bateau, enfin disons pour ceux qui comprendront, sur un balai de sorcière, avec tout le trémolo des chaines et fouets, par un inconnu
un con banal, un rigolo tout simplement, et moi je ne sais pas encore ce qui m'a pris
mais ce qui est fait est fait
beurk !
saloperie de mauvais souvenir !
d'ailleurs j'en veux pas de ce souvenir, je le refuse, il n'a jamais existé
sur un forum, la question était "sortirez vous avec inconnu" ?
et il me vient soudain à l'esprit que je n'aurais pas donné les clés de ma bagnole ou de mon sweet home à un inconnu !
mais cette nuit là je n'avais ni la question ni la réponse, j'ai été un taureau jeté dans l'arène et tout le contraire de ce taureau là
05 mai 2008
non coupable
longtemps après j'ai découvert en Amérique du Sud qu'ils n'étaient pas tous les mêmes
j'avais appris à dominer mes peurs
je les regardais seulement fascinés par leur grosseur
le chat remarquait toujours mon regard à ce moment là et il fixait lui aussi le ravet qui ne bougeait pas et qui le lendemain avait été renversé à terre sur le dos par sa patte agile puis laissé à son sort avec indifférence
mais parfois un lézard le gobait lentement pour en faire son savoureux repas
moi je n'étais plus coupable, j'étais simplement spectatrice de ce monde où j'avais survécu, où j'ai survécu
coupable
la Cour me jauge
le public spectacteur sur les bancs du Tribunal, me regarde avec horreur
mon avocat a baissé les bras, et les yeux aussi
la défense me toise et ricane
on m'a demandé de me lever, on veut que je m'explique, que j'essaye de faire comprendre
mais comment leur faire comprendre ?
mais comment leur expliquer ?
d'abord, c'était il y a si longtemps, je devais avoir dix ou onze ans
c'était dans un pays d'Afrique où mouches et cafards étaient le lot quotidien, comme aujourd'hui dans les jolis foyers, le petit hamster, sauf que là on n'en voulait pas, ils étaient là, et l'on ne connaissait pas encore les produits chimiques qui nous aurait débarrasser d'eux
et moi j'en avais une peur bleue, pourquoi bleue d'ailleurs, je n'en sais rien, une peur viscérale, une peur qui anéantissait toute forme de raison en moi
et mue un jour par un courage qui me fit me surpasser, j'ai ouvert le placard, j'ai eu le courage de les regarder
j'ai frotté l'allumette
je les ai grillé un par un
et puis j'ai réalisé qu'ils étaient toujours là plus nombreux, plus agressifs, j'ai refermé le placard
je suis coupable du génocide des cafards de ce placard
je ne demande pas votre clémence, aujourd'hui encore je ne comprends pas mon geste, sauf ce souvenir pour la première fois de ma jeune vie d'avoir eu le courage d'ouvrir un placard
25 avril 2008
mon chéri
je t'ai vu, je te vois
sans que tu le saches
je t’ai vu pleurer
je t’ai vu aimer
je t’ai vu voyager
je t’ai vu dormir
je t’ai vu si souvent dans tant d’hommes différents
blond ou brun ou noir
idiot
intelligent
artiste
banal
bizarre
comment savoir ?
mon chéri
mon fils
que je n'ai jamais eu
pu avoir
su avoir
pu faire
su faire
19 avril 2008
ANA-CHRONOLOGIE
Mais pourquoi cette étrange idée de fermer des sites internet ?
les sites des pro-ana, ces jeunes anorexiques qui exposent leurs photos décharnées et leurs mode de vie ascétique
la génération des années 60 ne possédait pas internet et pourtant je me souviens avoir succombé à cette sorte d'addiction du maigrir à ne plus finir, je n'ai jamais pu descendre au dessous de 45 kgs bien que je n'avalais plus rien que du thé au citron et c'est mon frère qui dans l'affolement et croyant faire bien m'a terrorisé et rendu pour un temps boulimique
à cette époque là pas d'internet et de réseaux pro-ana, mais une certaine Twiggy
pour en revenir aux sites internet, il y a bien d'autres sites que l'on pourrait diaboliser et bien pire que ces blogs de jeunes filles en besoin d'ascétisme, en besoin d'immatérialité
mais peut être faut il bien commencer par quelque chose pour qu'internet ne soit plus cette immense toile de liberté ?
11 avril 2008
leurs amours
dans tout être vivant il y a de l'amour, et le fruit de l'amour, c'est l'enfant
merveilleuses photos des bébés et de leurs mamans en cliquant sur l'image
13 mars 2008
LA FIN DE LA SOUFFRANCE, LA SUITE DU BONHEUR
le bon choix
j'ai terminé ce blog
il m'a aidé comme une thérapie à comprendre ma relation avec ma mère
j'ai compris que dans notre histoire à nous deux j'avais beaucoup de tords
j'ai compris que j'étais une pauvre fille qui n'avait pas l'envergure de sa mère et j'ai compris sa déception
aujourd'hui elle n'a que moi et je ne l'abandonnerai jamais
mais je vais vivre un peu plus loin ma vie, je vais m'éloigner d'elle
j'irai comme tant d'autres le font avec leur famille, la voir de temps à autre pour vérifier si tout se passe bien
je suis sure que si ma mère avait encore toutes ses facultés mentales, elle me dirait de ne pas vivre près d'elle comme je l'ai fait
je me sens malgré tout en faute de partir
mais toute ma vie en raison de mon passé, j'aurai un sentiment de culpabilité
"on ne guérit jamais des blessures de son enfance" (Jean Ferrat)
"on garde des cicatrices que le temps a effacé comme une guérison" (il me semble)













